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Pose de lambris bois mural en lattes dans une pièce
Guide Intermédiaire 11 min de lecture

Comment Poser du Lambris Mural Soi-Même

Mis à jour le

Par Sophie Renard · Rénovation intérieure

Réponse rapide : Pour poser du lambris mural, fixez d’abord une ossature de tasseaux perpendiculaire au sens de pose, puis clouez ou clipsez les lames de bas en haut en laissant un jeu de dilatation en périphérie. Comptez une journée pour un mur de taille moyenne, un peu plus si vous devez composer avec des prises électriques ou des angles complexes.


Le lambris mural revient en force dans la décoration intérieure, que ce soit pour habiller un mur entier, créer une tête de lit, ou simplement masquer un mur abîmé sans passer par de gros travaux de maçonnerie. Contrairement à une idée reçue, poser du lambris ne demande pas de compétences exceptionnelles : c’est un chantier accessible à un bricoleur motivé, à condition de respecter quelques règles essentielles de préparation et de fixation.

Ce guide détaille toutes les étapes, du choix du matériau jusqu’aux finitions, en passant par les erreurs les plus fréquentes qui gâchent un chantier par ailleurs simple.


Quel type de lambris choisir ?

Avant de vous lancer, il faut choisir le matériau adapté à votre pièce, à votre budget et au rendu recherché.

Lambris bois massif - Sapin, pin, chêne ou mélèze, il offre le rendu le plus authentique et peut être poncé, lasuré ou reverni au fil des années. C’est le choix le plus durable, mais aussi le plus sensible à l’humidité s’il n’est pas traité, et le plus onéreux selon l’essence choisie. Privilégiez un bois classé pour un usage intérieur avec un taux d’humidité stabilisé (autour de 10-12 %).

Lambris PVC - Léger, économique et totalement imperméable, il est parfaitement adapté aux salles de bains, buanderies et sous-sols. Son entretien se limite à un coup d’éponge, mais son rendu reste moins chaleureux qu’un bois véritable et il supporte mal une exposition prolongée à de fortes chaleurs (déformation possible près d’une source de chaleur directe).

Lambris MDF ou composite - Un support en fibres de bois recouvert d’un placage ou d’un film décoratif imitant le bois. Son rapport qualité-prix est intéressant pour une pièce sèche (chambre, salon, couloir), mais il craint l’humidité et n’est pas recommandé en pièce d’eau, sauf versions spécifiquement traitées hydrofuges.

Système d’assemblage - Comme pour le parquet, la plupart des lames modernes s’assemblent par rainure et languette, parfois avec un système clic qui facilite grandement la pose et limite les traces de clous apparentes en façade.


Les outils nécessaires

Pour la préparation et le traçage :

Pour la fixation de l’ossature :

Pour la découpe et la pose :


Étape 1 - Préparer le mur

Avant toute fixation, inspectez le mur support. Retirez les éléments qui dépassent (anciennes fixations, tapisserie qui se décolle), et traitez les traces d’humidité ou de moisissure si nécessaire : le lambris ne doit jamais être posé sur un mur qui présente encore un problème d’humidité actif, au risque de l’enfermer derrière le parement.

Repérez ensuite avec un détecteur de câbles l’emplacement des gaines électriques et canalisations avant de fixer quoi que ce soit dans le mur : c’est une étape de sécurité qui ne doit jamais être négligée, en particulier sur les murs porteurs et à proximité des prises existantes.

Si le mur est en bon état, sec et globalement plan, vous pouvez passer directement à l’étape suivante. S’il présente des irrégularités marquées (plus de 5 mm de creux ou de bosse), prévoyez de compenser avec des cales lors de la pose des tasseaux.


Étape 2 - Poser l’ossature en tasseaux

L’ossature est l’étape la plus déterminante du chantier : c’est elle qui garantit un mur d’aplomb et une fixation solide des lames, quel que soit l’état du support d’origine.

Tracez au cordeau traceur les lignes horizontales (pour une pose verticale du lambris) ou verticales (pour une pose horizontale) qui recevront les tasseaux, en respectant un espacement de 40 à 60 cm entre chaque tasseau. Ajoutez systématiquement un tasseau en haut et en bas de la surface à couvrir, ainsi qu’autour de chaque ouverture (fenêtre, porte, prise électrique).

Fixez les tasseaux à la perceuse-visseuse en utilisant des chevilles adaptées au support (placo, béton, brique). Contrôlez l’aplomb au niveau laser à chaque tasseau : une cale glissée derrière un tasseau permet de rattraper un léger défaut du mur et d’obtenir un plan parfaitement régulier sur toute la surface.

Si vous isolez le mur en même temps, glissez l’isolant (laine de bois, polystyrène extrudé) entre les tasseaux avant de poser le lambris, en veillant à conserver une lame d’air ventilée entre l’isolant et le parement final pour éviter tout risque de condensation.


Étape 3 - Tracer la ligne de départ

Mesurez la hauteur totale du mur et calculez la largeur de la dernière lame en fonction de la largeur utile de chaque lame de lambris. Comme pour un parquet, si la dernière lame s’annonce trop étroite (moins de 5 cm), recoupez la première lame pour rééquilibrer visuellement l’ensemble de la pose.

Tracez votre ligne de départ bien d’aplomb à l’aide du niveau, en partant de préférence d’un angle peu visible de la pièce : les petits écarts de raccord, inévitables sur un mur imparfait, y seront moins remarqués.


Étape 4 - Poser la première lame

Positionnez la première lame dans l’angle de départ, languette orientée vers le sens de pose. Fixez-la sur chaque tasseau à l’aide du cloueur ou de l’agrafeuse, en clouant dans la partie de la languette qui sera recouverte par la lame suivante : la fixation reste ainsi invisible sur toute la pose.

Vérifiez l’aplomb de cette première lame avant de poursuivre : toute erreur à cette étape se répercute et s’amplifie sur l’ensemble du mur.


Étape 5 - Poursuivre la pose lame par lame

Emboîtez chaque nouvelle lame dans la rainure de la précédente, en veillant à bien la plaquer avant de la fixer. Vérifiez l’aplomb tous les quatre à cinq lames avec le niveau, pour rattraper immédiatement une dérive plutôt que de la découvrir en fin de pose.

Sur les grandes longueurs, il est fréquent de devoir jointer deux lames bout à bout : positionnez ce raccord sur un tasseau pour garantir une fixation solide des deux extrémités, et décalez les raccords d’une rangée à l’autre pour un rendu plus naturel si votre pose comporte plusieurs hauteurs de lames.


Étape 6 - Découper autour des obstacles

Prises et interrupteurs : coupez le courant, retirez la plaque, et reportez précisément l’emplacement du boîtier sur la lame de lambris (mesures depuis le sol et depuis le bord de la lame précédente). Percez les angles de la découpe avec une mèche à bois pour amorcer proprement, puis terminez à la scie sauteuse.

Angles rentrants et sortants : utilisez une baguette d’angle assortie plutôt que de chercher à couper un angle parfait à la scie à onglets, surtout si le mur n’est pas parfaitement d’équerre. C’est plus rapide et le résultat est visuellement plus net.

Plinthes et cadres de porte existants : comme pour le parquet, il est souvent plus simple de scier légèrement le bas d’un chambranle à l’épaisseur du lambris plus ossature, plutôt que de découper la lame en suivant un contour complexe.


Étape 7 - Poser les finitions

Une fois toute la surface couverte, posez les baguettes de finition : cornières d’angle intérieur et extérieur, plinthe basse pour masquer le jeu de dilatation en pied de mur, et éventuellement une moulure de couronnement en partie haute si le lambris ne monte pas jusqu’au plafond.

Ces baguettes ont un double rôle : elles masquent les jeux de dilatation nécessaires à la tenue dans le temps du lambris, et elles donnent un aspect fini et professionnel à l’ensemble du chantier.


Les erreurs classiques à éviter

Fixer le lambris directement sur un mur humide sans ossature ventilée. Sans lame d’air, l’humidité résiduelle du mur reste piégée derrière le parement et peut favoriser le développement de moisissures invisibles pendant plusieurs mois.

Négliger le repérage des câbles avant de visser les tasseaux. Un tasseau vissé à l’aveugle sur une gaine électrique ou une canalisation peut avoir des conséquences bien plus graves qu’un simple trou raté.

Oublier le jeu de dilatation en haut et en bas de la pose. Le bois, même traité, continue de réagir aux variations de température et d’humidité de la pièce. Sans ce jeu, les lames peuvent se voiler ou pousser sur les finitions au fil des saisons.

Espacer excessivement les tasseaux. Un espacement supérieur à 60 cm fragilise la tenue des lames dans la durée, en particulier sur les lambris fins ou en PVC, qui peuvent alors se déformer entre deux points de fixation.

Poser des lames non acclimatées. Comme pour le parquet, un lambris en bois massif sorti directement de son emballage et posé sans délai peut se rétracter ou gonfler légèrement après la pose. Laissez-le reposer quelques jours dans la pièce de destination avant de commencer.


Pour aller plus loin

Si votre mur nécessite une remise à niveau plus importante avant la pose du lambris, notre guide de montage d’une cloison en placo peut vous être utile pour repartir d’une base saine. Une fois le lambris posé, la pose des plinthes basses vient parfaire la finition en pied de mur : suivez notre guide complet de pose des plinthes pour un résultat impeccable.


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Questions fréquentes

Faut-il poser une ossature en tasseaux avant de fixer le lambris ?
Dans la grande majorité des cas, oui. L'ossature en tasseaux permet de rattraper les irrégularités du mur, de créer une lame d'air ventilée qui protège le lambris de l'humidité résiduelle, et parfois de glisser un isolant entre les tasseaux. On peut s'en passer uniquement si le mur est parfaitement plan et sec et que vous collez des lames légères directement dessus, mais cette solution reste moins durable et rend une future dépose plus difficile.
Faut-il poser le lambris à l'horizontale ou à la verticale ?
La pose verticale est la plus courante : elle accentue la hauteur sous plafond et facilite l'évacuation de l'humidité le long des lames. La pose horizontale agrandit visuellement une pièce étroite et rappelle le style chalet ou bord de mer. Dans les deux cas, l'ossature de tasseaux doit être posée perpendiculairement au sens des lames pour offrir un point de fixation tous les 40 à 60 cm.
Peut-on poser du lambris dans une salle de bains ou une pièce humide ?
Oui, à condition de choisir un matériau adapté. Le lambris PVC est totalement imputrescible et convient parfaitement aux pièces d'eau. Le lambris bois massif résiste bien s'il reçoit une lasure ou un vernis hydrofuge et si la pièce est correctement ventilée. Évitez en revanche les panneaux MDF ou aggloméré non traités, qui gonflent au contact de l'humidité.
Comment poser du lambris autour d'une prise électrique ou d'un interrupteur ?
Coupez le courant au disjoncteur, retirez la plaque de la prise et repérez sa position exacte sur le mur avant de fixer la lame. Reportez les mesures sur la lame de lambris (distance depuis le sol et depuis le bord de la lame précédente), percez les angles de la découpe avec une mèche à bois puis terminez au moyen d'une scie sauteuse. Une fois la lame en place, la plaque de finition doit être prolongée par une rehausse adaptée à l'épaisseur du lambris et de l'ossature ajoutée.
Quelle épaisseur de tasseaux choisir pour l'ossature du lambris ?
Pour un mur globalement plan, des tasseaux de 18 à 27 mm d'épaisseur suffisent. Si vous ajoutez un isolant (laine de bois, polystyrène extrudé) ou si le mur présente des irrégularités importantes, optez pour des tasseaux de 40 à 45 mm afin de conserver assez d'épaisseur pour l'isolant tout en gardant une lame d'air de quelques millimètres devant le pare-pluie ou le frein-vapeur.
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